Top 5 des pires chansons sexistes
- Mia L.
- 11 mars 2016
- 5 min de lecture
Même si la situation tend peu à peu à évoluer, la femme reste encore trop souvent réduite à un objet dédié à la satisfaction des désirs et pulsions sexuelles des hommes. Hélas, le monde de la musique n’échappe pas à cette conception sexiste de la société, et les clichés machistes sont en fait très nombreux dans les chansons que nous écoutons à la radio. Sans parler des clips qui passent leur temps à sexualiser le corps de la femme, les paroles véhiculent elles aussi leur dose de stéréotypes. On pourrait déplorer le fait que beaucoup ne comprennent pas le sens des chansons qu’ils écoutent en anglais, mais la pop française ne fait pas office d’exception et offre elle aussi de belles « perles » en matière de sexisme. Rapide tour d’horizon des pires moments sexistes de la musique !
1. « Blurred Lines » de Robin Thicke et Pharrell Williams
Pour la première chanson que je commenterais, j’ai choisi sur me pencher sur le cas très problématique et polémique de la chanson « Blurred Lines » de Robin Thicke et Pharrell Williams. Outre un clip sulfureux et une condamnation pour plagiat (qui s’élèvera à 7 millions de dollars), la chanson fait un énorme succès l’année de sa sortie et les radios la diffusent à tout bout de champ. Avec un rythme entraînant et un son RnB sympathique, j’adorais (à l’époque) écouter ce hit, sympathique, qui semblait résonner dans mes oreilles comme de la musique, peu élaborée certes, mais sympathique pour transmettre un peu de bonne humeur dès le matin. J’ai donc moi aussi écouté en boucle la fameuse chanson, avant d’aller regarder les paroles sur internet et de comprendre ce qu’elles impliquaient réellement. Et si on regardait de plus près les paroles du hit qui est resté plus de six semaines numéro un des ventes en France en 2013 ?
Zoom sur les paroles: La première phrase sexiste se trouve dans le refrain lui-même. En martelant « I know you want it » (« Je sais que tu en as envie »), le chanteur ne fait que répéter une des excuses les plus répandues chez les violeurs (la femme, même si elle ne le montre pas, est forcément disponible à la satisfactions des désirs masculins et elle-même en a envie mais n’ose pas le montrer). Ce genre de présupposés nie purement et simplement l’existence du consentement sexuel, et c’est en cela que la chanson est à comprendre en réalité comme un hymne au viol. Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus, penchons-nous sur le couplet. « Ok, now he was close/ Tried to domesticate you/ But you're an animal » (« Il a presque réussi/ À te domestiquer/ Mais tu es un animal ») : dominer la femme et la réduire au rang d’animal qu’on pourrait domestiquer, voilà ce que chante notre bon Robin Thicke.

2. « Girlfriend » de TTC
Autre chanson, autre registre. Et cette fois, pas de barrière de la langue, puisque c’est une chanson en français qui fera l’objet de notre second point. La médiocrité de la chanson et la vulgarité du chanteur s’accompagne évidemment d’un texte des plus sexistes. Je ne me perdrais pas dans des explications plus poussées sur l’objectivation de la femme, sa réduction à un objet sexuel, et la banalisation du viol. La culture du viol se transmet aussi à travers la musique. Jetons simplement un rapide coup d’œil aux paroles, qui se suffisent à elles-mêmes.
Zoom sur les paroles: « J'aime les chattes/ Quand je rentre dans la boite/ J'ai la trique/ Toutes les chattes des putes sont moites/ C'est pratique/ Elles vont frotter toute la nuit/ […] Je donne des claques à ton cul et tu cries/ […] Pute, c'est normal j'ai mis mon doigt dans ta chatte/ […] C'est ma loi/ Marche droit/ Parle pas/ Avale/ Aboie/ […] Suce-moi bien pétasse/ Prend des initiatives/ Moi j'n'hésite pas/ Car direct j'te sodomise ! ».

3. « Ma benz » NTM feat. Lord Kossity
Même si on adore la reprise artistique des Brigitte et son ambiance « lounge » très originale, il n’en reste pas moins que les paroles originales sont quand même un poil sexiste. Outre le fait que la femme est tour à tour comparé à divers animaux, on retiendra la formule « bouge ton corps de femelle » qui brille de mille feux par son sexisme.

4. « Policeman » d’Eva Simons
Après toutes ces chansons qui cumulent clichés misogynes et banalisation de la violence envers les femmes, on pourrait se rassurer en pensant que de telles abominations n’arrivent que dans l’univers du "rap macho", et que le sexisme ne peut sortir que de la bouche de vilains méchants messieurs vulgaires. Pourtant, ce n’est malheureusement pas le cas: les chanteuses relayent elles aussi le sexisme. C’est le cas par exemple d’Eva Simons dans « Policeman ». Si la musique en elle-même est entrainante et énergique, il n’en reste pas moins que les paroles sont empreintes d’un sexisme choquant.
Zoom sur les paroles: « So I hit the road and end up in a yardy party/ Baby was moving like a naughty shorty/ Need discipline, she need discipline/ Need to put her on a lockdown no visiting/ Bring 'em down yea/ Handcuffs maintain the connection / Dis baton is a rod of correction» (« Alors là je me taille et je me retrouve dans une fête remplie de mafieux/ Ma meuf était en train de se trémousser comme une cochonne coquine/ De la discipline, c’est de la discipline qu’il lui faut/ Il faut la mettre dans une cellule, sans droit de visite/ Et il faut calmer les autres autour là/ Pour elle, des menottes, pour la maintenir/ Cette matraque est un bâton de correction »). Il faudrait commenter plus précisément le sens de « naughty », qui signifie selon Urban dictionary, «a bad girl who needs to be punished (usually by fucking her)» (c’est-à-dire une «une mauvais fille qui doit être punie - le plus souvent à travers la violence sexuelle-»)
Même si, me direz-vous, les paroles sexistes sont ici prononcées par le rappeur Konshens et non par la chanteuse elle-même, on retiendra cependant que la chanteuse met son nom sur un titre amplement sexiste, ce qui lui vaut la quatrième place du classement.
5. « Sexy Bitch » de David Guetta et Akon
Une petite dernière pour la fin ? Ça sera le hit « Sexy Bitch » chanté par Akon et remixé par David Guetta (en 2009). Les paroles en elles-mêmes ne sont pas si violentes que ça me direz-vous, et le sexisme n’est pas aussi explicite et évident que dans les exemples ci-dessus. C’est en cela qu’on pourrait classer cette chanson dans le sexisme ordinaire, c’est-à-dire le sexisme banalisé, qui ne se remarque pas à première vue (enfin, à la première écoute plutôt dans notre cas). Le problème réside ici dans l’usage du terme « Bitch » (que l’on pourrait traduire en français par « Putain »). En effet, le terme anglais désigne à l’origine "la femelle du chien". La femme est donc une énième fois associée, dans le langage courant, à un animal. De plus, le terme juge la sexualité féminine : une femme émancipée et libérée d’un point de vue sexuel sera forcément décrite de manière péjorative. Pourtant, l’équivalent masculin du mot « pute » n’existe même pas en français (et en anglais non plus, semble-t-il)... Dans tous les cas, la femme est ramenée à un objet sexuel. Et même si c'est une expression consacrée en anglais, le fait de l'utiliser n'en reste pas moins sexiste.
Il y aurait certainement énormément d’autres exemples, et comme nous l’avons vu le sexisme ne se cantonne pas au domaine du « rap macho ». Il s’étend partout dans l’univers de la musique. *Note pour l’avenir* : ne pas hésiter donc à regarder de plus près le sens des paroles de nos musiques préférées : parfois on tombe sur de (mauvaises) surprises. *PS*: Pas de lien youtube dans ce post, je ne souhaite pas faire la promotion des chansons citées pour des raisons évidentes.

Mia L.















Commentaires